Sois-toi-même, ne triche pas, emprunte ton propre chemin.

Retrouver le fil rouge de sa vie : quand un rêve ancien cherche une nouvelle forme

Slow world Festival de la Terre Lausanne 2011 - oeuvre participative de Corinne Spielewoy
Parfois, nous croyons avoir abandonné certains rêves. Et si nous avions simplement perdu de vue le fil qui relie les différentes étapes de notre vie ? Une réflexion sur les élans profonds, les projets qui nous ont façonnés et la manière de retrouver ce qui nous met réellement en vie.

Fais circuler ce qui vibre 

Quand on a l’impression de s’être éloignée de soi

Il arrive parfois un moment étrange dans la vie. En apparence, rien ne va particulièrement mal. Tu continues à avancer, à prendre soin de tes responsabilités, à mener les projets qui comptent pour toi. Les journées se remplissent comme elles l’ont toujours fait et, vu de l’extérieur, elles ressemblent souvent à ce que tu avais imaginé ou construit au fil des années.

Pourtant, quelque chose semble plus silencieux à l’intérieur.

L’élan est moins évident. La joie est plus discrète. Ce qui te mettait profondément en mouvement autrefois paraît plus lointain, comme si une partie de toi parlait désormais à voix basse. Rien de suffisamment spectaculaire pour provoquer une crise. Rien qui justifierait de tout remettre en question. Seulement une impression diffuse : celle que quelque chose d’essentiel est devenu plus difficile à entendre.

Alors les questions commencent à apparaître.

As-tu changé ?

T’es-tu éloignée de ce qui comptait vraiment pour toi ?

As-tu abandonné certains rêves en chemin ?

Ou peut-être ne sais-tu même plus très bien ce qui t’animait au départ.

Cette sensation peut surgir au détour d’une transition importante. Un changement professionnel, un déménagement, une séparation, le départ des enfants, une période de fatigue ou simplement le passage du temps. Parfois, aucun événement particulier ne semble l’expliquer. La vie continue. Les habitudes restent en place. Pourtant, une part de nous sent que quelque chose demande à être regardé autrement.

Face à cela, la tentation est souvent la même : chercher une nouvelle direction. Un nouveau projet. Une nouvelle passion. Une nouvelle réponse. Comme si ce qui manque devait forcément se trouver devant nous.

Pendant longtemps, j’ai fonctionné ainsi moi aussi.

Lorsque quelque chose ne semblait plus tout à fait à sa place, mon réflexe consistait à regarder vers l’avant. Chercher la prochaine étape. Le prochain projet. La prochaine évolution. Cette attitude m’a souvent été utile. Elle m’a permis d’explorer, d’apprendre, de me réinventer à plusieurs reprises.

Pourtant, ces derniers mois, une autre question a commencé à s’imposer.

Et si ce que je croyais avoir perdu n’avait pas disparu ?

Et si la réponse ne se trouvait pas uniquement dans ce qui m’attendait devant moi ?

Et si quelque chose cherchait plutôt à être reconnu ?

Je ne savais pas encore où cette question allait me conduire. Je n’imaginais pas qu’elle allait m’amener à revisiter certaines périodes de ma vie, à regarder d’anciens projets avec des yeux nouveaux et à redécouvrir un fil que je croyais parfois rompu.

Avec le recul, je crois que ce moment marque souvent le début d’un chemin particulier.

Non pas celui qui consiste à devenir quelqu’un d’autre.

Celui qui consiste à retrouver ce qui était déjà là.

Le piège des vies séparées

Pendant plusieurs mois, je me suis surprise à répéter la même phrase :

« J’ai eu plusieurs vies. »

Lorsque je regardais mon parcours, cette impression semblait presque évidente. J’avais vécu dans plusieurs régions et plusieurs pays. J’avais changé d’environnement, de relations, d’activités. Certaines périodes de ma vie paraissaient si différentes les unes des autres que j’avais parfois l’impression qu’elles appartenaient à plusieurs personnes.

Comme si chaque étape avait tourné la page de la précédente.

Comme si certains rêves avaient été abandonnés pour laisser la place à d’autres.

Pourtant, quelque chose me dérangeait dans cette manière de raconter mon histoire. Elle décrivait assez bien les changements, les déménagements, les nouveaux départs et les réorientations. Elle décrivait les formes.

Elle ne disait rien de ce qui les reliait.

Et pour toi, comment ça se passe lorsque tu regardes ton parcours ? Vois-tu surtout les changements ? Ou arrives-tu encore à percevoir ce qui est resté vivant au milieu de toutes ces transformations ?

Ces derniers mois, cette question est devenue de plus en plus présente pour moi. Depuis des années, j’accompagne des personnes à retrouver ce qui les anime profondément. J’appelle cela le rêve d’âme : cet élan singulier qui donne envie de créer, de contribuer, d’avancer et d’habiter pleinement sa vie. Pourtant, je sentais qu’il me fallait regarder plus profondément certaines choses en moi.

Je continuais à accompagner. Je continuais à créer. Je continuais à faire ce qui avait du sens pour moi. En même temps, je percevais un léger décalage. Non pas une perte de sens radicale. Plutôt la sensation qu’une pièce importante du puzzle demandait à être remise à sa place.

Avec le recul, je crois que je cherchais à comprendre ce qui était véritablement non négociable dans ma vie. Lorsqu’on développe une activité qui nous tient à cœur, il est facile de se laisser influencer par toutes sortes d’injonctions plus ou moins visibles : les stratégies à suivre, les modèles qui semblent fonctionner, les conseils reçus, les fameux « il faut ». Rien de tout cela n’est forcément inutile. Pourtant, à force de regarder vers l’extérieur, il devient parfois plus difficile d’entendre ce qui cherche à s’exprimer depuis l’intérieur.

Pendant un moment, j’ai cru avoir besoin d’une nouvelle direction. D’une nouvelle idée. D’une nouvelle manière de faire.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement.

Je regardais les formes alors que quelque chose d’autre demandait mon attention.

Lorsque je regardais certains projets qui avaient marqué mon parcours — Ripple Effect, Ubuntu, Nous sommes tous reliés les uns aux autres, Slow World ou encore les projets artistiques participatifs que j’avais portés à différentes périodes de ma vie — j’avais d’abord l’impression d’observer une collection d’expériences sans rapport les unes avec les autres.

Pourtant, plus je les regardais, moins je les voyais comme des expériences séparées.

Les formes étaient différentes. Les contextes aussi. Les personnes impliquées, les outils utilisés et parfois même les objectifs semblaient avoir changé du tout au tout.

Pourtant, quelque chose revenait.

Quelque chose traversait discrètement toutes ces expériences sans que je l’aie vraiment remarqué jusque-là.

L’élan profond, lui, suit souvent un autre rythme.

Les projets naissent puis se transforment. Certaines activités prennent fin tandis que d’autres apparaissent. Les lieux changent. Les relations évoluent. La vie continue son mouvement. Pourtant, ce qui nous anime profondément ne disparaît pas forcément avec les formes qui l’ont porté. Il cherche simplement de nouvelles manières de s’incarner.

C’est peut-être là que se trouve le piège. Croire que parce qu’une forme est terminée, ce qu’elle portait a disparu lui aussi. Croire qu’un rêve est mort alors qu’il cherche simplement une autre manière de vivre. Croire que nous nous sommes éloignées de nous-mêmes alors que nous avons seulement perdu de vue le fil vivant qui relie les différentes étapes de notre histoire.

À ce moment-là, je ne le savais pas encore.

Il allait me falloir revisiter certains souvenirs et regarder mon parcours sous un angle nouveau pour commencer à reconnaître ce fil rouge qui avait toujours été là.

Slow world Festival de la Terre Lausanne 2011 - oeuvre participative de Corinne Spielewoy

Quand une photo a réveillé une question

Depuis quelques mois, je traversais une période de questionnement autour de mon activité. Rien de dramatique. Je continuais à accompagner, à écrire, à animer des rencontres. Pourtant, je sentais qu’une pièce importante du puzzle m’échappait.

J’avais le sentiment d’arriver au bout de quelque chose sans voir clairement ce qui cherchait à émerger. Comme si je regardais mon activité à travers une vitre légèrement embuée. Les contours étaient toujours là. Le sens aussi. Pourtant, une question revenait régulièrement :

Qu’est-ce qui est véritablement essentiel pour moi dans tout cela ?

C’est dans ce contexte qu’une série de petites choses a commencé à se répondre.

Une photo retrouvée.

Une conversation.

Le souvenir d’un ancien projet.

Puis d’un autre.

Rien de spectaculaire. Aucun grand déclic. Plutôt l’impression que plusieurs morceaux de mon histoire cherchaient soudain à attirer mon attention en même temps.

En regardant cette photo, je me suis surprise à repenser à des projets que je n’avais pas revisités depuis longtemps. Certains remontaient à plusieurs décennies. D’autres étaient plus récents. Je les avais toujours considérés comme des chapitres distincts de ma vie.

Pourtant, quelque chose me poussait à les regarder autrement.

Je me suis alors remise à explorer mes propres traces.

Je repensais à Ripple Effect. À Ubuntu. À Nous sommes tous reliés les uns aux autres. À Slow World. À différents projets artistiques collaboratifs. Aujourd’hui, je regardais aussi avec un œil nouveau ce que je vivais dans la chorale, ces rencontres entre plusieurs chœurs, un orchestre et des personnes venues d’horizons très différents pour construire ensemble quelque chose qui dépasse chacun individuellement.

À première vue, ces projets n’ont pas grand-chose en commun.

Ils appartiennent à des époques différentes. Ils utilisent des moyens différents. Ils poursuivent des objectifs qui semblent parfois éloignés les uns des autres.

Pourtant, plus je les regardais, moins je les voyais comme des expériences séparées.

Les formes étaient différentes.

Les contextes aussi.

Pourtant, quelque chose revenait.

Quelque chose traversait discrètement toutes ces expériences sans que je l’aie vraiment remarqué jusque-là.

Peu à peu, une évidence a commencé à émerger.

Je n’étais pas en train de découvrir un nouveau rêve.

Je n’étais pas non plus en train de changer de direction.

J’étais en train de reconnaître quelque chose qui avait toujours été là.

Cette prise de conscience n’est pas arrivée d’un seul coup. Elle s’est installée progressivement, au fil des souvenirs retrouvés, des projets revisités et des questions que je me posais.

Et plus j’avançais, plus une autre interrogation prenait de la place :

Si tous ces projets avaient encore quelque chose à me dire aujourd’hui, qu’essayaient-ils exactement de me montrer ?

Sculpture Ubuntu créée par 12 artistes et 2 soudeurs à l'initiative de Corinne Spielewoy - Paducah (KE) 2010

Ce que mes anciens projets avaient encore à me dire

Pendant plusieurs semaines, j’ai laissé cette question m’accompagner sans chercher à y répondre trop vite.

J’aurais pu dresser une liste des points communs entre ces différents projets ou tenter d’en faire une analyse rationnelle. Pourtant, quelque chose me disait que ce n’était pas ainsi que j’allais comprendre ce qui se jouait.

Certaines réponses demandent du temps.

Elles émergent lorsque l’on cesse momentanément de les poursuivre.

Alors j’ai simplement continué à observer.

Je regardais les photos. Je relisais d’anciens textes. Je me souvenais de certaines rencontres. Je repensais à ce qui m’avait enthousiasmée dans chacun de ces projets.

Peu à peu, quelque chose est devenu impossible à ignorer.

Je croyais chercher ce qui reliait ces expériences.

En réalité, ce qui me frappait était ce qui revenait inlassablement.

Dans Ripple Effect, il y avait des personnes qui créaient ensemble quelque chose qu’aucune n’aurait pu produire seule.

Dans Ubuntu, il y avait cette intuition que nous nous construisons les uns grâce aux autres.

Dans Nous sommes tous reliés les uns aux autres, il y avait déjà cette fascination pour les liens invisibles qui nous unissent.

Dans Slow World, il y avait la volonté de ralentir suffisamment pour retrouver une qualité de présence à soi, aux autres et au vivant.

Et aujourd’hui encore, dans la chorale, je retrouve quelque chose de semblable. Des voix différentes, des parcours différents, des sensibilités différentes qui, pendant quelques instants, s’accordent pour faire naître quelque chose de plus grand que la somme de ses parties.

À première vue, ces projets racontaient des histoires différentes.

En les regardant de plus près, ils semblaient pourtant parler la même langue.

La langue de la rencontre.

Pas seulement la rencontre avec les autres.

La rencontre avec soi-même.

La rencontre avec ce qui cherche à émerger.

La rencontre avec une part plus vivante de nous-mêmes.

Plus je regardais mon parcours, plus cette évidence prenait de la place.

Je n’avais pas oublié l’importance du lien.

J’avais oublié à quel point il était central dans ma vie.

Cette nuance peut sembler minime.

Pour moi, elle a tout changé.

Car je n’ai jamais cessé d’aimer les rencontres, les projets collectifs ou les espaces de partage. Ils étaient toujours présents dans ma vie. Pourtant, je les considérais souvent comme une conséquence de ce que je faisais, alors qu’ils en constituaient peut-être l’une des raisons profondes.

Pendant longtemps, j’ai cru que mon rêve consistait principalement à accompagner les personnes à retrouver leur élan intérieur, ce que j’appelle aujourd’hui le rêve d’âme.

Je le crois toujours.

Rien de cela n’a changé.

Ce qui a changé, c’est ma compréhension de ce qui nourrit cet élan.

Lorsque je regarde les moments les plus transformateurs de ma propre vie, j’y trouve presque toujours la présence d’autres êtres humains. Une rencontre. Une conversation. Un groupe. Un projet partagé. Quelqu’un qui a posé une question au bon moment. Quelqu’un qui a cru en moi lorsque je doutais encore.

En écrivant ces lignes, je réalise que cette intuition était déjà présente dans de nombreux projets que je croyais différents.

Elle est encore présente aujourd’hui.

Sous une autre forme.

Comme si la vie me répétait depuis longtemps la même invitation jusqu’à ce que je prenne enfin le temps de l’entendre pleinement.

Je crois que je cherche, depuis longtemps déjà, à créer des conditions favorables à la rencontre. Avec soi-même, bien sûr. Et aussi avec les autres. Des espaces où quelque chose peut émerger que personne n’aurait pu produire seul.

Lorsque cette évidence est apparue, plusieurs pièces du puzzle se sont soudainement remises à leur place.

Le Jardin des Vivants a commencé à prendre un sens nouveau.

Même certaines envies qui me semblaient éloignées de mon activité principale ont cessé d’apparaître comme des détours.

Elles participaient du même mouvement.

Le fil n’avait jamais disparu.

Je commençais simplement à le voir plus clairement.

 

Retrouver son fil d’Ariane

En observant ce fil rouge qui semblait traverser les différentes périodes de ma vie, je me suis souvenue d’une histoire que beaucoup d’entre nous connaissent sans toujours y prêter attention.

Dans la mythologie grecque, Thésée accepte d’affronter le Minotaure enfermé au cœur d’un immense labyrinthe. Le défi n’est pas seulement de vaincre le monstre. Il est aussi de retrouver la sortie. Car une fois entré dans le labyrinthe, il devient presque impossible de retrouver son chemin.

Ariane lui remet alors une simple pelote de fil.

Avant d’avancer dans le dédale, Thésée attache le fil à l’entrée et le déroule derrière lui au fur et à mesure de sa progression. Une fois sa mission accomplie, il lui suffit de suivre ce fil pour retrouver son chemin.

Longtemps, j’ai imaginé que le fil rouge de notre vie ressemblait à une boussole. Qu’il servait à nous indiquer la bonne direction, le bon projet ou la prochaine étape à suivre.

Aujourd’hui, je le vois autrement.

Je crois que le fil rouge ressemble davantage au fil d’Ariane.

Il ne nous dit pas forcément où aller.

Il nous aide à retrouver qui nous sommes lorsque nous ne savons plus très bien où nous en sommes.

Cette nuance me paraît importante. Car lorsque je traversais mes questionnements récents, ce n’était pas tant l’avenir qui me posait problème. Je ne manquais ni d’idées, ni d’envies, ni de projets. Ce qui me manquait était plus subtil. J’avais besoin de retrouver ce qui reliait entre elles des parties de ma vie que je regardais jusqu’alors comme des expériences séparées.

En revisitant certains souvenirs, certaines photos et certains projets, je n’ai pas découvert une réponse cachée.

Je n’ai pas trouvé une vérité nouvelle.

Je suis simplement revenue vers quelque chose qui était déjà là.

Comme Thésée suivant son fil pour sortir du labyrinthe, j’ai suivi certaines traces laissées dans ma propre histoire. Une photo retrouvée. Une intuition ancienne. Un projet oublié. Une rencontre marquante. Un rêve laissé de côté.

Chacun de ces éléments me ramenait un peu plus près de quelque chose d’essentiel.

Et plus j’avançais, plus une évidence apparaissait.

Le fil rouge n’est pas forcément constitué de nos réussites.

Il n’est pas forcément constitué de nos projets les plus visibles.

Parfois, il se cache dans ce qui nous touche profondément depuis toujours. Dans ce qui revient malgré les changements de contexte. Dans ce qui continue à nous mettre en mouvement même lorsque nous essayons de l’ignorer.

Peut-être passons-nous parfois beaucoup de temps à chercher la prochaine étape, la prochaine réponse ou le prochain projet. Pourtant, il arrive que ce dont nous avons besoin se trouve déjà dans les traces laissées par notre propre parcours.

Non pour revenir en arrière.

Non pour reproduire ce qui a déjà existé.

Pour reconnaître ce qui cherche aujourd’hui une nouvelle manière de vivre à travers nous.

Et toi dans tout ça ?

En écrivant cet article, je me suis souvent demandé combien de personnes traversent ce même type d’expérience sans forcément savoir comment la nommer.

Peut-être fais-tu partie de celles qui ont parfois l’impression de s’être éloignées d’elles-mêmes.

Peut-être regardes-tu certains rêves comme des chapitres refermés depuis longtemps.

Peut-être as-tu le sentiment d’avoir changé plusieurs fois de vie au point de ne plus très bien voir ce qui relie toutes ces étapes.

Pourtant, je me demande si certains de ces rêves ont réellement disparu.

Lorsque je revisite mon propre parcours, ce qui me frappe aujourd’hui n’est pas la diversité des projets que j’ai portés. C’est ce qui les traversait depuis le début.

Alors, si tu as envie d’explorer ton propre fil rouge, je t’invite simplement à regarder derrière toi quelques instants.

Quels sont les projets, les activités ou les engagements qui continuent à t’émouvoir lorsque tu les rencontres à nouveau ?

Quels sont les thèmes qui reviennent régulièrement dans ta vie, même lorsqu’ils prennent des formes très différentes ?

Quelles sont les expériences qui t’ont permis de te sentir profondément vivante ?

Et quelles sont les rencontres qui ont marqué un tournant important sur ton chemin ?

Ne regarde pas seulement ce que ces projets étaient.

Regarde ce qu’ils portaient.

Car ce n’est peut-être pas le projet lui-même qui cherche à revenir aujourd’hui.

C’est ce qu’il tentait déjà d’exprimer à travers toi.

Parfois, un rêve ne disparaît pas.

Il change simplement de forme.

Et il attend patiemment que nous soyons prêts à le reconnaître à nouveau.

 

Conclusion : reconnaître ce qui est déjà vivant

Aujourd’hui, je regarde cette période de questionnement avec beaucoup de gratitude.

Sur le moment, j’avais l’impression de chercher une nouvelle direction. Je me demandais comment faire évoluer mon activité, quoi proposer, comment transmettre plus justement ce qui me tient à cœur.

Avec le recul, je vois les choses autrement.

Je n’étais pas en train de chercher un nouveau rêve.

J’étais en train de retrouver un fil ancien.

Un fil que je n’avais jamais réellement perdu.

J’avais simplement oublié à quel point il était important.

Cette découverte ne m’a pas apporté toutes les réponses. Elle ne m’a pas épargné les doutes ni les questions que la vie continue de poser. En revanche, elle m’a offert quelque chose de précieux : un point de repère. Une manière de reconnaître ce qui me nourrit profondément lorsque les choses deviennent moins claires.

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