Sois-toi-même, ne triche pas, emprunte ton propre chemin.

Et si tu avais toujours su qui tu étais ? Retrouver son fil intérieur grâce à l’enfance

Petite fille observant des pâquerettes au printemps pour retrouver son essence profonde
Et si l'enfant que tu as été connaissait déjà quelque chose d'essentiel sur ta nature profonde ? Dans un monde saturé de réponses extérieures, cet article t'invite à retrouver ton propre fil d'Ariane intérieur à travers tes souvenirs d'enfance, tes émerveillements et ta sagesse intérieure.

Fais circuler ce qui vibre 

Nous vivons dans un monde rempli de réponses.

Chaque jour, des livres, des podcasts, des formations, des vidéos, des experts, des coachs nous expliquent comment vivre, comment aimer, comment travailler, comment réussir, comment être heureux, comment devenir la meilleure version de nous-mêmes.

J’ai moi-même passé des années à chercher des réponses à l’extérieur. Certaines m’ont profondément nourrie. D’autres m’ont éloignée de moi-même.

Depuis quelque temps, une question m’habite de plus en plus : à force d’écouter les réponses des autres, ne risquons-nous pas d’oublier les nôtres ?

L’autre jour, je discutais avec un ami. Nous parlions de connaissance de soi, de connexion à notre âme, de ce mystérieux sentiment d’être à sa place dans sa propre vie.

Au fil de notre conversation, une intuition a émergé :

Et si nous avions toujours su qui nous étions ?

Cette question m’a accompagnée plusieurs jours.

Et si une partie des réponses que nous cherchons avec tant d’ardeur se trouvait déjà en nous ? Et si l’enfant que nous avons été connaissait déjà quelque chose d’essentiel sur notre nature profonde ?

Je ne parle pas ici d’un destin tout tracé, ni d’une vérité figée.

Je ne crois pas que nous soyons venues jouer une pièce de théâtre déjà écrite.

Je crois plutôt que chacune de nous porte en elle un parfum, une essence, une saveur particulière.

Une manière singulière d’être au monde.

Des sensibilités, des intérêts, des élans qui cherchent à se déployer tout au long de notre vie, sous des formes parfois très différentes.

Je parle donc davantage d’indices.

De petits cailloux semés sur notre chemin.

De fils d’Ariane.

L’enfant que nous avons été sait souvent déjà beaucoup de choses

J’ai la conviction qu’enfant, nous exprimons très naturellement ce qui nous rend vivantes. Nous ne savons pas encore le nommer. Nous ne parlons ni de mission de vie, ni de rêve d’âme, ni même de connaissance de soi. Nous sommes simplement occupées à être nous-mêmes.

Nous jouons.

Nous explorons.

Nous nous émerveillons.

Nous nous indignons aussi.

Lorsque j’essaie de me souvenir de l’enfant que j’étais, une image revient immédiatement.

J’ai grandi en Alsace. Les hivers y étaient plus froids qu’aujourd’hui en Ardèche. Lorsque les premières pâquerettes apparaissaient, quelque chose en moi s’illuminait.

Mon cœur pétillait littéralement de joie.

Les pâquerettes annonçaient le retour du printemps, de la lumière, du renouveau. Je me souviens avoir écrit, enfant, un poème en l’honneur du soleil et du printemps.

À l’époque, je ne savais évidemment pas que cette joie disait quelque chose d’essentiel sur moi.

Aujourd’hui encore, les pâquerettes m’émeuvent.

Avec le recul, je vois combien ce lien au vivant, à la nature, aux cycles de renaissance traverse toute ma vie. Il est présent dans mes choix, dans mes projets, dans ma façon d’accompagner les personnes.

Comme si la petite fille que j’étais connaissait déjà quelque chose que l’adulte a mis bien des années à (re)découvrir.

Je jouais également beaucoup à soigner ma poupée lorsqu’elle était cassée. Je ne sais pas si cela annonçait déjà quelque chose de la femme que je deviendrais. Je constate simplement qu’aujourd’hui encore, ce qui m’anime profondément consiste à accompagner des personnes à retrouver leur fil vivant lorsqu’il s’est distendu ou perdu.

Bien sûr, certaines enfances ont été traversées par des blessures profondes. Dans ces situations, retrouver ce fil peut demander du temps, de la patience, parfois un accompagnement.

Pourtant, même sous les blessures, il arrive souvent qu’une étincelle demeure.

Un goût pour la nature.

Une fascination pour les histoires.

Le besoin de créer.

Une profonde sensibilité à l’injustice.

Une joie particulière.

Et si ces élans d’enfance avaient encore quelque chose à nous apprendre aujourd’hui ?

Petite fille observant des pâquerettes au printemps pour retrouver son essence profonde

Puis la vie arrive… et nous éloigne peu à peu de nous-mêmes

Si l’enfant que nous avons été porte parfois des indices précieux sur notre nature profonde, pourquoi sommes-nous si nombreuses à nous sentir perdues à un moment de notre vie ?

Je crois que la réponse est assez simple.

La vie arrive.

Et avec elle son lot de contraintes, d’attentes, de rôles à endosser, de responsabilités, de normes sociales, de peurs aussi.

Petit à petit, souvent sans même nous en rendre compte, nous apprenons à nous adapter.

Être raisonnable.

Être sérieuse.

Être efficace.

Faire ce qu’il faut.

Répondre aux attentes.

Trouver sa place.

Toutes ces adaptations sont nécessaires. Vivre en société implique de tenir compte des autres et du réel. Je ne crois pas qu’il soit souhaitable de revenir à une spontanéité enfantine totale.

Pourtant, à force de nous adapter, il arrive que quelque chose de nous s’éloigne.

Ou plutôt se mette en veille.

Pendant longtemps, nous pouvons continuer à avancer ainsi. Tout semble fonctionner. Nous faisons ce qu’il y a à faire. Nous remplissons nos différents rôles.

Puis, un jour, quelque chose se fissure.

Pour moi, cette prise de conscience est arrivée vers l’âge de quarante ans. Je me suis aperçue que je m’étais perdue. À l’époque, j’ai supposé qu’il suffirait de m’en rendre compte pour faire marche arrière.

Que nenni !

Ce n’était que le début.

D’abord, j’avais perdu la mémoire de celle que j’étais enfant. Il me restait une sensation générale, quelques flashs, une impression diffuse, sans davantage. Comme si une partie de moi était toujours là, quelque part, sans que je sache exactement comment la rejoindre.

Alors j’ai commencé à chercher.

Et chaque fois que je m’en rapprochais, mes « il faut » revenaient en force.

« Tu étais enfant, c’est normal. »

« Avec la vie, son quotidien et ses contraintes, tu ne peux pas être comme cela. »

« Il faut être sérieuse. »

Et hop… c’était reparti pour un nouveau tour d’éloignement.

Avec le recul, je crois que beaucoup d’entre nous vivent cela. Nous sentons qu’une part de nous appelle. Une part plus vivante, plus libre, plus joyeuse parfois. Et presque aussitôt surgissent les voix intérieures qui nous expliquent pourquoi ce n’est pas possible, raisonnable ou réaliste.

Heureusement, une autre conviction habitait déjà une part de moi.

Même si nous devons composer avec les réalités de la vie adulte, rien ne nous empêche de rester reliées à cette part essentielle de nous-mêmes.

Nous n’avons pas besoin de redevenir les enfants que nous étions.

Nous pouvons en revanche (re)découvrir ce qu’ils avaient à nous apprendre sur nous-mêmes.

Retrouver le fil vivant

Heureusement, une part de moi avait conservé une conviction. Même lorsque je me sentais éloignée de moi-même, je pressentais qu’il existait un chemin de retour. Pas un retour en arrière, ni une invitation à redevenir l’enfant que j’avais été. Je parle plutôt d’un retour vers une qualité de présence à soi, vers quelque chose d’essentiel qui demeure en nous malgré les années, les adaptations et parfois les blessures.

Au fil des années, j’ai souvent été profondément impressionnée par certaines personnes que l’on pourrait qualifier de sages ou de maîtres spirituels. Je pense à Thich Nhat Hanh, au Dalaï-Lama, à Amma, à Archie Fire Lame Deer et à bien d’autres encore.

Au-delà de leurs enseignements, ce qui me touchait chez eux était souvent très simple.

Leur présence.

Et surtout leur rire.

Un rire libre. Spontané. Presque enfantin parfois.

Comme s’ils étaient restés reliés à une part intacte d’eux-mêmes.

Cette qualité de présence m’émouvait profondément. Elle me donnait l’intuition qu’il était possible de grandir, de vieillir, d’assumer des responsabilités, tout en demeurant fidèle à quelque chose de profondément vivant en soi.

J’ai retrouvé cette même intuition durant ma formation en Biodanza. J’y ai découvert une approche qui ne s’intéressait pas uniquement aux blessures ou aux difficultés à surmonter. Une large place était également accordée à ce qui nourrit la vie : le lien à soi, le lien aux autres, le lien à plus grand que soi — Dieu, l’univers, le divin, peu importe le nom que chacun choisit de lui donner.

Cette perspective m’a profondément marquée.

Elle rejoignait ce que je pressentais déjà : prendre soin de nos blessures est essentiel. Nourrir ce qui est sain, beau et vivant en nous l’est tout autant.

Je sais bien que certaines personnes ont traversé des enfances si douloureuses qu’elles ont parfois perdu le contact avec cette part d’elles-mêmes. D’autres consacrent une énergie immense à tenter de guérir leurs blessures, et je comprends profondément cette nécessité.

Pourtant, j’ai la conviction qu’une étincelle demeure souvent, même lorsqu’elle semble enfouie sous des couches de protection, de peur ou de souffrance.

Cette étincelle peut se révéler de multiples façons : dans l’émotion ressentie devant un paysage, dans une joie inattendue, dans une activité qui nous fait perdre la notion du temps, dans une profonde indignation face à l’injustice, dans un élan créatif ou encore dans ce sentiment si particulier d’être pleinement vivante.

Pour moi, tous ces moments sont autant de fils d’Ariane.

Ils nous permettent, peu à peu, de retrouver le chemin de notre propre maison intérieure.

Faire un peu de silence pour entendre sa propre sagesse

Ces dernières années, j’ai commencé à observer quelque chose chez moi.

Chaque fois que je me sentais perdue, mon premier réflexe consistait souvent à chercher une réponse à l’extérieur. Un livre. Une formation. L’avis d’une personne que je considérais comme plus sage ou plus avancée que moi.

Et cela m’a souvent aidée.

Puis, à force d’accumuler les réponses des autres, une question a commencé à émerger :

Quelle place est-ce que je laisse à ma propre sagesse ?

Je me suis aperçue que, parfois, je pouvais passer beaucoup de temps à chercher ce que d’autres pensaient juste pour moi, alors qu’une part de moi savait déjà.

Elle savait sans savoir expliquer.

Elle savait sans avoir d’argument.

Elle savait simplement.

Ou du moins, elle pressentait.

Je ne parle pas ici de certitudes absolues. Je parle plutôt de cette sensation discrète, parfois ténue, qui nous murmure : « Va par là. » Ou au contraire : « Ce chemin n’est pas pour toi. »

Je ne sais pas exactement quand ce questionnement a commencé à émerger chez moi. Peut-être progressivement. Peut-être à force d’accumuler les réponses des autres.

Pendant des années, j’ai cherché.

J’ai lu.

Je me suis formée.

J’ai écouté des enseignants, des thérapeutes, des experts, des entrepreneurs, des personnes que je considérais plus sages, plus avancées ou simplement plus expérimentées que moi.

Et cela m’a souvent nourrie.

Puis un jour, quelque chose s’est déplacé.

J’ai commencé à ressentir une forme de saturation.

Comme si, à force de collectionner les réponses extérieures, je m’étais éloignée de mes propres murmures.

Un jour, un véritable coup de gueule a jailli :

« Foutez-moi la paix avec vos réponses. J’ai passé vingt ans à les collectionner. Elles m’ont souvent éloignée de moi-même. »

La phrase est sortie avec une force qui m’a surprise.

Avec le recul, je crois qu’elle ne parlait pas des réponses elles-mêmes.

Elle parlait de ma tendance à oublier de m’écouter.

 

Femme explorant ses souvenirs d'enfance pour mieux se connaître

Et si tu commençais l’enquête ?

Si tu as l’impression de t’être un peu perdue en chemin, peut-être pourrais-tu commencer par retourner voir l’enfant que tu as été.

Non pas avec l’idée d’y trouver une vérité absolue.

Plutôt comme on ouvre une vieille malle retrouvée dans un grenier.

Avec curiosité.

Avec tendresse.

Et sans attente particulière.

Tu pourrais par exemple te demander :

Qu’est-ce qui me mettait spontanément en joie lorsque j’étais enfant ?

Qu’est-ce qui me faisait perdre la notion du temps ?

Qu’est-ce qui m’émerveillait ?

Quelles étaient mes grandes indignations ?

Quels jeux revenaient encore et encore ?

Quelles qualités les autres reconnaissaient-ils déjà chez moi ?

Peut-être qu’aucune réponse ne viendra immédiatement.

Peut-être aussi qu’un souvenir surgira.

Une odeur.

Un lieu.

Une chanson.

Une pâquerette.

Un poème.

Un rêve oublié.

Ou simplement une sensation.

Car parfois, notre histoire ne cherche pas à être comprise.

Elle cherche simplement à être réécoutée.

Et qui sait ?

Tu découvriras peut-être que le fil n’a jamais été rompu.

Qu’il attendait simplement que tu le reprennes délicatement entre tes mains.

Peut-être s’agit-il simplement de se souvenir

Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait chercher à l’extérieur ce qui donnerait enfin du sens à ma vie. J’ai lu, appris, expérimenté, rencontré des personnes inspirantes. Et tout cela a eu sa place dans mon chemin.

Pourtant, avec le temps, une autre intuition s’est imposée : peut-être ne s’agit-il pas tant de devenir quelqu’un d’autre que de (re)découvrir ce qui a toujours été là.

Non pas un destin figé.

Non pas une mission écrite à l’avance.

Plutôt un parfum. Une essence. Une saveur singulière.

Une manière bien à nous d’habiter le monde.

Je crois aujourd’hui que l’enfant que nous avons été porte souvent des indices précieux sur cette singularité. Ses émerveillements, ses jeux, ses élans, ses colères parfois, peuvent devenir autant de fils d’Ariane lorsque nous avons le sentiment de nous être perdues.

Bien sûr, la vie nous transforme. Heureusement d’ailleurs. Nous ne sommes pas invitées à redevenir les enfants que nous étions. Nous sommes invitées à écouter ce qu’ils ont encore à nous murmurer.

Dans un monde saturé de voix extérieures, faire un peu de silence est peut-être devenu un acte profondément nécessaire.

Pour entendre à nouveau nos propres murmures.

Pour retrouver ce qui nous rend vivantes.

Pour nous souvenir, tout simplement, de qui nous sommes.

Et toi, quels fils l’enfant que tu as été cherche-t-il peut-être encore à te tendre aujourd’hui ?

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